Socialter n°63 Avril-Mai 2024
100 pages, 7,5€
+4°C ça va chauffer!
La revue Socialter propose d’explorer un monde par +4°C et les stratégies d’adaptation mises en place pour continuer d’habiter la planète.
Dans ce dossier, il s’agit surtout de la maladaptation, c’est-à-dire, des solutions court-termistes qui s’avèrent contre-productives à moyen et long terme.
L’exemple qui est le plus médiatisé et le plus développé également dans ce numéro est celui des mégabassines, cette aberration qui consiste à capter l’eau pendant les périodes pluvieuses, en pompant directement dans les nappes phréatiques, pour continuer l’irrigation durant l’été, sans remettre en question notre système agricole ni se préoccuper de la répartition de cette ressource commune. La bataille de Sainte-Soline, qui a vu s’opposer les militants de Bassines Non Merci et des Soulèvements de la Terre, a permis de mettre en lumière ce principe techno-solutionniste. Socialter donne la parole à Julien Le Guet, de Bassines Non Merci en Deux-Sèvres, mais s’intéresse aussi à d’autres exemples de maladaptation: les digues en béton, la climatisation dans les villes, la neige artificielle, et la désalinisation de l’eau de mer.
La pensée d’Alexandre Monnin sur les “communs négatifs” qu’il explore dans Politiser le renoncement n’est hélas pas suffisamment développée mais il y a fort à parier qu’il sera interrogé dans un futur numéro. Espérons-le.
Dans ce dossier, il est aussi question de l’adaptation nécessaire dans les pays du Sud et de leurs difficultés économiques à s’engager dans la transformation de leurs infrastructures, avec comme résultat, pour ceux qui essaient d’agir, une dette considérable auprès des pays riches (et cocorico, surtout la France). Deux articles sont également consacrés à l’adaptation d’un point de vue libéral: S’adapter pour que rien ne change, et Bosser par 40°C. Ces deux articles permettent de voir d’une part les stratégies du capitalisme pour se maintenir malgré le dérèglement climatique qu’il engendre – alors même que cela devrait le condamner, et d’autre part, comment les métiers sont exposés à des températures extrêmes, températures qui vont rendre certaines professions à risque. Mais en réalité, la question n’est pas de s’adapter pour maintenir notre mode de vie, dont on sait qu’il est mortifère, il faut s’interroger sur la réorganisation totale et rapide de notre société afin que ce mode de vie à venir soit soutenable. Cela signifie qu’il faudra renoncer à des métiers, des activités, des hobbies qui font encore partie de notre vie. Dans l’ouvrage d’Alexandre Monnin, il y a déjà en germe cette réflexion, et c’est sans doute ce sillon qu’il faut creuser pour proposer une alternative pertinente au modèle actuel. En somme, lorsqu’on aura une planète à +4°C, nous ne ferons plus les mêmes métiers, nous ne vivrons plus dans les mêmes villes, nous ne nous occuperons plus de la même manière: notre logiciel civilisationnel aura changé – c’est du moins ce à quoi il faudrait se préparer. C’est hélas un point de vue trop peu partagé, et même Socialter ne s’y plonge pas. Si ce dossier permet de synthétiser plusieurs aspects de la maladaptation au dérèglement climatique, il ne permet pas d’apporter des réponses sociales aux grands enjeux de demain.
Dans ce dossier, il est aussi question de l’adaptation nécessaire dans les pays du Sud et de leurs difficultés économiques à s’engager dans la transformation de leurs infrastructures, avec comme résultat, pour ceux qui essaient d’agir, une dette considérable auprès des pays riches (et cocorico, surtout la France). Deux articles sont également consacrés à l’adaptation d’un point de vue libéral: S’adapter pour que rien ne change, et Bosser par 40°C. Ces deux articles permettent de voir d’une part les stratégies du capitalisme pour se maintenir malgré le dérèglement climatique qu’il engendre – alors même que cela devrait le condamner, et d’autre part, comment les métiers sont exposés à des températures extrêmes, températures qui vont rendre certaines professions à risque. Mais en réalité, la question n’est pas de s’adapter pour maintenir notre mode de vie, dont on sait qu’il est mortifère, il faut s’interroger sur la réorganisation totale et rapide de notre société afin que ce mode de vie à venir soit soutenable. Cela signifie qu’il faudra renoncer à des métiers, des activités, des hobbies qui font encore partie de notre vie. Dans l’ouvrage d’Alexandre Monnin, il y a déjà en germe cette réflexion, et c’est sans doute ce sillon qu’il faut creuser pour proposer une alternative pertinente au modèle actuel. En somme, lorsqu’on aura une planète à +4°C, nous ne ferons plus les mêmes métiers, nous ne vivrons plus dans les mêmes villes, nous ne nous occuperons plus de la même manière: notre logiciel civilisationnel aura changé – c’est du moins ce à quoi il faudrait se préparer. C’est hélas un point de vue trop peu partagé, et même Socialter ne s’y plonge pas. Si ce dossier permet de synthétiser plusieurs aspects de la maladaptation au dérèglement climatique, il ne permet pas d’apporter des réponses sociales aux grands enjeux de demain.
Ce numéro se poursuit par d’autres articles très intéressants, notamment, un portrait de Voltairine de Cleyre, cette anarcha-féministe américaine (1866-1912) dont les textes sont à nouveau relus, un long article sur l’emprise de TotalEnergie sur le bassin d’emploi du Béarn, avec toute la difficulté de la nécessité d’avoir un travail même si celui-ci favorise une entreprise dont on sait l’empreinte carbone… Enfin, un texte très intéressant sur les nouveaux OGM (NTG) et la technologie des ciseaux CRISPR-Cas dont on entendait beaucoup parler il y a quelques années, mérite notre attention et surtout notre vigilance collective sur ce qu’il se passe dans le monde de l’agro-industrie à ce sujet.
Au final, un numéro somme toute intéressant mais dont on attendait peut-être davantage d’approfondissement dans le dossier principal.



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